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Entrée dans le Ladakh Bouddhiste

Situation au

03/04/2025

   

Le temps est un ingrédient essentiel de nos voyages. Le temps qui passe davantage encore que le temps qu’il fait. Rien ne nous presse. Cette ville semble sympathique ? Nous nous y installons plusieurs jours. Cette vallée recèle mille beautés ? Nous y restons quelque temps. Ce village perché nous attire ? Nous faisons un détour pour aller y voir de plus près !

Lorsque nous pénétrons dans Kargil, la seconde ville du Ladakh, nous savons déjà que nous y passerons deux nuits. Quelques signes auraient pu cependant nous en dissuader, comme les portraits de l’imam Khomeini placardés en bonne place ou les prières débitées par haut-parleur depuis l’école coranique. Nous trouvons pourtant dans cette cité musulmane chiite un nid douillet propice au repos, un cyber-café capable de nous connecter à la famille, un restaurant au menu long comme le bras qui ne propose en fait que deux ou trois plats indiens ; et une foule bigarrée, mélange coloré d’artisans, de paysans venus des villages alentour, d’écolières rieuses qui se pressent dans Main Bazaar, nommé aussi Imam Khomeini Chowk. Nous nous sentons à l’aise dans cette artère commerçante où ne manquent que quelques bancs où s’asseoir pour observer la vie qui va...

Sortir de Kargil n’est pas une mince affaire : quelques kilomètres d’ascension avant de basculer dans la vallée de la rivière Wakha nous mettent en jambe. Suivent des tronçons où la BRO (Boarding Road Organisation) tente d’élargir la route. Imaginez en alternance ou en concomitance piste défoncée, lambeaux d’asphalte, boue, engins de chantier, poussière, camions… Heureusement une pelleteuse en panne bloque un temps la circulation et nous permet de rouler tranquillement jusqu’à Mulbeck.

Cette bourgade marque l’entrée dans le Ladakh bouddhiste : temples, chortens et mâts de prière font leur apparition dans le paysage. Les maisons quittent leur couleur terre pour arborer une blancheur éclatante et des guirlandes de drapeaux agitées au moindre souffle.

Nous trouvons une chambre juste en face du minuscule gompa (temple) de Chamba, bâti au pied d’un Bouddha de 8 mètres de haut vieux de plus de mille ans, sculpté sur un rocher qui se dresse en bord de route. Nous assistons de notre fenêtre au ballet des fidèles ladakhis qui ne manquent pas, après leurs dévotions, de faire tourner le moulin à prières qui trône tout à côté. Après Kargil et son bouillonnement perpétuel Mulbeck nous apparaît particulièrement calme et sereine. Seules une légère indisposition due à des parathas trop gras ainsi que l’attaque nocturne de féroces punaises de lit ternissent le tableau...


Mulbeck – dimanche 29 juin – 5h30

Nous sommes privés de boisson chaude ce matin : l’électricité fait défaut pour alimenter la petite résistance que nous trimballons partout depuis son achat en 2011 sur le bazar de Khorog au Tadjikistan, facteur d’eau bouillante en lieux exotiques pour café soluble, soupe en sachet ou nouilles chinoises. Il faut donc avaler à sec les chapatis nappés de confiture et de miel. Nous connaissons des menus bien pires ! Ce petit-déjeuner doit être suffisant en tout cas pour surmonter les deux ascensions du jour, le NamikaLa (3 827 m) et le FotuLa (4 105 m) qui suscitent tant de soucis à Pomme, peu confiante dans ses facultés d’endurance et de pugnacité pourtant bien réelles. Malgré la pente, l’altitude, le chargement (une vingtaine de kilos chacun) et notre âge – qui nous permet cette année de bénéficier de la vaccination gratuite contre la grippe (ça met un coup au moral !) – tout se déroule à merveille au long des trente kilomètres de montée. Félicitations tout de même aux ingénieurs indiens qui ont conçu des routes bien dessinées, d’une remarquable régularité et assez bien revêtues. Pomme, enfin rassérénée, assure une montée impeccable.

Au sommet de chacun des deux cols c’est Bollywood : les touristes indiens veulent à tout prix se faire photographier en notre compagnie, à côté des vélos, sur les vélos, dans nos bras, sur nos genoux… Bien sympathiques émeutes au demeurant qui nous aident à masquer l’émotion qui nous étreint. Les yeux sèchent en fait rapidement au vent...

Du FotuLa nous distinguons Lamayuru et ses temples, blanches silhouettes accrochées à la pente. Nous n’avons qu’à nous laisser glisser vers eux.

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Amicale pause dans la montée du NamikaLa

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Arrivée au sommet du FotuLa (4105 m)

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Au sommet du FotuLa (4105 m)