logo adf

Nombre de visites sur cette page

chiffre jpgchiffre jpgchiffre jpgchiffre jpgchiffre jpgchiffre jpgchiffre jpg

logo bandeau/06_bandeau.png

De Srinagar à Drass

Situation au

03/04/2025

   

Srinagar – lundi 21 juin 2014 – 6 heures du matin.

Les vélos appuyés contre un grillage nous attendent sagement, toutes sacoches bouclées, pour la première étape de notre voyage à vélo à travers l’Himalaya indien.

Les premiers kilomètres, reconnus les jours précédents, longent le lac Dal avant de se faufiler dans la vallée de la rivière Sindh. La chaussée correctement revêtue nous réserve cependant parfois la surprise d’un trou ou d’une tranchée sommairement rebouchée...

D’interminables convois de camions de l’armée indienne, en route vers la frontière pakistanaise, nous doublent péniblement, crachant directement dans nos poumons d’impressionnants nuages d’une fumée épaisse et noire. Les rizières au vert tendre qui garnissent le fond de vallée disparaissent peu à peu à mesure que nous gagnons en altitude.

Nous marquons quelques pauses bienvenues dans des dhabas ouverts au bord des routes, gargotes où se prend à toute heure le thé ou un plat chaud ; c’est alors l’occasion pour les autochtones de nous questionner sur notre itinéraire, notre âge ou encore le prix des bicyclettes, sujet récurrent...

Plus haut des raidillons assassins nous coupent jambes et souffle. Les cèdres, longues flèches tendues vers le ciel, hérissent les pentes et la Sindh torrentueuse gronde en contrebas de la route.

Après 85 kilomètres apparaît Sonamarg (la prairie d’or), tapie au cœur des alpages à 2 800 mètres d’altitude. Les touristes indiens, les mêmes qui nous avaient doublés dans la journée en 4X4 ou en bus, s’y pressent, désireux de poser le pied sur les glaciers voisins ou plus religieusement gagner en quelques jours de marche le lingam de glace d’Amarnath.

La bourgade, halte obligatoire pour les routiers avant d’affronter le redoutable ZojiLa, le col qui ouvre la route vers le Ladakh, rassemble de part et d’autre d’une rue boueuse des baraques hétéroclites bâties à la va-vite. Nous y trouvons une petite chambre à l’étage d’un magasin de vêtements. Les vélos dorment entre deux piles d’anoraks, veillés par le patron qui passe la nuit allongé dans son échoppe.

Dehors l’averse tambourine et détrempe la vallée.


Sonamarg – mardi 22 juin

Au matin la pluie a cessé mais l’humidité enveloppe la petite ville et cache les sommets. La décision est rapidement prise de ne pas tenter l’ascension du ZojiLa à bicyclette: les 20 kilomètres de pente, la piste boueuse, les fondrières, la circulation soi-disant alternée, les dizaines de camions, sont autant d’épouvantails qui nous invitent à nous diriger vers la station de taxis. Un 4X4 est bientôt mis à notre disposition après discussion sur le prix et le lieu de dépose. Un vélo sur la galerie, l’autre à l’intérieur, le véhicule progresse lentement sur la sente détrempée, effaçant un à un les nombreux lacets parfois taillés dans la falaise. Nous ne regrettons pas un instant notre décision en croisant ou doublant des dizaines de voitures ou camions embourbés.

Le sommet (3 541 m) est dégagé comme si tous les véhicules étaient bloqués dans la montée. Le soleil brille sur les pavés et la pente est douce qui descend vers le Ladakh. Nous avons véritablement changé d’univers ! Nous nous faisons déposer peu après le col au bord d’une prairie où paissent les moutons d’une famille nomade.

En quelques minutes les vélos sont équipés, le voyage peut reprendre son cours.

La route, le plus souvent goudronnée, nous conduit tranquillement à travers des pâturages où fument parfois des camps de toile. En perdant de l’altitude nous voyons de plus en plus souvent des camps militaires. Nous assistons même à l’entrainement des recrues à l’escalade sur falaise et à la descente en rappel. Il faut dire que la frontière avec le Pakistan, contestée depuis 1947, passe sur la crête toute proche : les derniers combats eurent lieu dans la région en 1 999.

Nous décidons de passer la nuit à Dras, première petite ville sur notre itinéraire. Un panneau à l’entrée nous met en garde : nous pénétrons dans la seconde ville la plus froide du monde, on y a relevé un redoutable -60 degrès en janvier 1995! Pour l’heure pas de crainte, le thermomètre affiche un 25º de bon aloi, propice à une nuit réparatrice.

fichier P1040769-0.jpg

peu avant Sonamarg

fichier P1040777-0.jpg

dans la montée du ZojiLa

fichier P1040783-0.jpg

le taxi vient de nous déposer sous le col

fichier P1040793-0.jpg

dans la descente vers Drass

fichier P1040810-0.jpg

tous les moyens sont bons pour se faire de la pub!